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Carnets de voyage en Californie Retour vers le futur (Divers)

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Correspondance particulière de Californie (Etats-Unis)

Farid Cherbal*

 

Mardi 11 octobre 2011, il est 9h45 min, l’airbus 380-800 de la compagnie Lufthansa en direction de San Francisco se prépare à décoller de la piste de l’aéroport de Frankfurt. Sur mon écran tactile, je regarde en direct le décollage de l’avion, filmé par une des trois caméras, fixées sur l’avion. Je compose un menu de films, musique, news… qui va m’accompagner durant les 12 heures de vol entre Frankfurt et San Francisco.
 
Bienvenue au voyageur numérique du XXIe siècle et merci à Steve Jobs. L’avion s’envole, on the road again vers l’Amérique. Je regarde le clip live de la chanson With or without you du groupe U2, filmé à Boston en 2001. C’est mon sixième voyage aux Etats-unis. Je suis devenu comme les personnages des premiers films des années 70 et 80 du cinéaste allemand Wim Wenders, qui voyageaient entre l’Amérique et l’Europe, à la recherche du script de leur vie ou du cinéma perdu des pères fondateurs. De mon côté, c’est mon travail de chercheur dans le domaine du cancer du sein et de membre associé de l’association américaine pour la recherche sur le cancer (AACR) qui me permet d’écrire une suite à ma vie d’enseignant-chercheur algérien, voyageant et travaillant entre Hammam Guergour-Bougâa, Alger, l’Europe et l’Amérique. Je pars à San Francisco pour présenter notre dernier travail de recherche sur le cancer du sein triple négatif chez les patientes algériennes, à la conférence spéciale de l’AACR sur les dernières avancées dans la recherche sur le cancer du sein, qui doit se tenir entre le 12 au 15 octobre 2011. Cela fait deux ans que je n’étais pas revenu en Californie.
La crise économique mondiale, les révolutions démocratiques et sociales en Tunisie et en Egypte, le mouvement social des jeunes Américains «Occupy Wall Street» sont en train de changer l’histoire du monde et celle de l’empire américain. Par ailleurs, c’est aussi le début de la campagne électorale pour élire le futur président des Etats-Unis en novembre 2012. C’est à partir de San Francisco et Los Angeles que je vais scanner le disque dur de la société américaine en ce mois d’octobre 2011. La Californie a toujours été et reste, à mon avis, un capteur multidimensionnel qui annonce en avance les futures transformations de la société américaine.
12 heures après, nous sommes toujours le 11 octobre, il est 12h05 heure locale, l’Airbus survole la magnifique ville de San Francisco, on reconnaît tout de suite le mythique pont Golden Gate, grâce à sa célèbre couleur «orange international» et par l’architecture de ses deux tours. Il relie San Francisco à la ville de Sausalito. Comme à chaque voyage en Amérique, dès que j’arrive dans une ville, j’ai toujours cette impression d’être déjà venu, à cause de la banque d’images provenant des films hollywoodiens et des séries télévisées américaines, enfouie au fond de la filmothèque de ma mémoire. Dès que nous rentrons dans l’aéroport de San Francisco, un des plus grands aéroports américains, nous sommes accueillis par les célèbres fresques murales «Welcome to San Francisco».
Les formalités au niveau de l’US Customs and Border Protection (l’équivalent des polices des frontières) sont très longues.Les citoyens américains passent par des guichets qui leur sont spécifiquement réservés, le reste des citoyens du monde passent par des guichets réservés aux étrangers. Après les questions relatives à votre séjour, le policier de l’US Customs and Border Protection prend votre empreinte digitale électronique ainsi que votre photo. L’aéroport international de San Francisco est situé en bordure de la baie de San Francisco, il est rempli de touristes venus du monde entier. En effet, le tourisme est l’activité économique principale de San Francisco, qui compte parmi les dix principales destinations américaines. San Francisco est la 5e ville américaine qui attire le plus de touristes étrangers.
Durant l’année 2004, 15 millions de touristes ont visité San Francisco, rapportant 6,7 milliards de dollars. San Francisco est aussi le centre financier et bancaire principal de la côte Pacifique. En plus d’être un centre de l’industrie électronique et informatique qui s’est établie dans la Silicon Valley durant les années 70, San Francisco est devenue aussi, depuis les années 90, le siège de nombreuses sociétés de biotechnologie, de la biomédecine et des énergies renouvelables.Il fait un temps printanier à San Francisco, qui me rappelle celui d’Alger. Je prends un taxi pour rejoindre le centre-ville de San Francisco où je vais habiter. Du taxi, j’appelle de mon téléphone portable mon frère Touffik à Bougâa, pour l’informer que je suis arrivé en Californie. Mon frère Touffik avec les membres de la coopérative audiovisuelle de Hammam Guergour sont en train de préparer un film documentaire de 26 minutes sur notre travail de recherche sur le cancer du sein. Durant mon séjour en Amérique, je prendrai des photos et filmerai quelques plans vidéo qu’ils inséreront dans le documentaire. Je m’installe à l’hôtel Astoria, situé juste à l’entrée du quartier historique de Chinatown, à proximité des quartiers Union Square et le quartier des affaires de San Francisco (Financial District), mitoyen du Goethe Institute et à une dizaine de mètres de la maison où a séjourné et travaillé l’écrivain Robert Louis Stevenson durant quelques mois de décembre 1879 à mars 1880. L’hôtel Astoria est aussi proche de l’immeuble situé au numéro 891 de la rue Post Street où a vécu et écrit durant trois ans, de 1926 à 1929, l’écrivain et militant de la gauche américaine Dashiell Hammett. Il est le père du roman policier américain moderne avec son livre fondateur Le Faucon Maltais et du personnage de Sam Spade, le détective privé de San Francisco, immortalisé au cinéma par l’acteur Humphrey Bogart, dans le film The Maltese Falcon de John Huston en 1941.
San Francisco a des liens historiques avec l’Asie, et ce n’est pas un hasard si elle a élu en janvier 2011 pour la première fois de son histoire, un maire d’origine chinoise, M. Edwin Mah Lee. San Francisco a le plus ancien Chinatown et c’est le deuxième plus peuplé des Etats-Unis derrière New York. Mercredi 12 octobre, 7h du matin, les principales chaînes de télévision américaines hertziennes (ABC, CBS, NBC et Fox) annoncent et filment en direct l’occupation de l’entrée de la banque Wells Fargo dans le quartier des affaires de San Francisco (Financial District) dans la rue de Montgomery par le mouvement «Occupy FinancialDistrict San Francisco». Ce mouvement va occuper en permanence la place Justin Herman Plaza dans le quartier des affaires de San Francisco et organiser une marche de 5 000 personnes le 16 octobre à partir d’Union Square jusqu’à la mairie de San Francisco.
La ville d’Oakland a aussi son comité «Occupy Oakland». La ville d’Oakland possède le 4e port américain, elle est située à 13,5 km de San Francisco. Les étudiants et enseignants de l’Université de Berkeley rejoindront le mouvement «Occupy Oakland» lors de la grève générale et la marche qui ont lieu le mercredi 2 novembre 2011 à Oakland, en signe de protestation contre les brutalités policières, lors de l’intervention de la police le 25 octobre pour déloger les protestataires qui occupaient la place Franck Ogawa à Oakland. Le port d’Oakland sera fermé par les manifestants le jeudi 3 novembre 2011. Ce vaste mouvement social national était parti d’une initiative de l’association canadienne Addbuster et de son journal de même nom, qui est un magazine culturel et anti-capitaliste, qui s’est inspiré de la révolution tunisienne et a publié la première bannière portant le slogan «Occupy Wall Street» sur son forum le 13 juillet 2011. Le premier rassemblement a lieu le 17 septembre à la place Zucotti à Wall Street à New York. Le mouvement «Occupy Wall Street» se définit comme un mouvement de résistance du peuple, avec son fameux slogan «Nous sommes les 99%», le 1% restant est constitué par les classes possédantes américaines. Le mouvement lutte contre les méfaits du système capitaliste, la corruption, la loi des entreprises et la mainmise de la grande finance sur l’Etat, il se bat pour le bien-être des 99% du peuple américain et s’inspire du modèle des révolutions démocratiques et sociales en Tunisie et en Egypte. Le mouvement «Occupy Wall Street» s’est répandu comme un incendie de résistance sociale sur l’Internet et dans plus de 500 villes américaines et canadiennes : Boston, Chicago, Seattle, Atlanta, San Francisco, Oakland, Los Angeles, Montréal, Ottawa … avec aussi l’apparition d’une pancarte culte dans une manifestation à New York qui dit «Un jour, les pauvres n’auront plus rien à manger, sauf les riches».
A New York «Occupy Wall Street» a déjà lancé son propre quotidien The Occupied Wall Street Journal, il a déjà reçu le soutien d’un grand nombre de personnalités politiques et artistiques, parmi les premiers soutiens, le réalisateur Michael Moore, l’actrice Susan Sarandon et son mari l’acteur Tim Robbins. Mercredi 12 octobre, 19h début de la conférence spéciale de l’AACR sur les dernières avancées dans la recherche sur le cancer du sein, dans le décor grandiose de l’hôtel Fairmont de San Francisco, situé sur la colline Nob Hill. L’éducation et la recherche scientifique sont au cœur de la ville américaine. En effet, l’histoire de la formation sociale et historique américaine a toujours mis l’université et le savoir au cœur de la cité. La ville de San Francisco et son aire métropolitaine possèdent plusieurs prestigieuses universités : Stanford, Berkeley, l’Université de Californie de San Francisco… Durant quatre jours, 300 chercheurs venus d’Amérique du Nord et du Sud, d’Europe, d’Asie et d’Algérie (notre pays était l’unique représentant cette année de l’Afrique à la conférence) ont fait une synthèse sur les dernières avancées de la recherche sur le cancer du sein. Les nouveaux travaux de recherche présentés au cours de cette conférence traitaient de la génomique et de l’épigénomique du cancer du sein, des mécanismes moléculaires de résistance chez certaines patientes aux thérapies ciblées, la personnalisation du traitement du cancer du sein et les nouvelles approches thérapeutiques issues des résultats de l’analyse par des micropuces à ADN des 5 sous-types de tumeurs du cancer du sein. Il faut souligner la généralisation des dernières techniques de biologie moléculaire (micropuces à ADN, séquençage à haut débit de l’ADN…) et l’utilisation des programmes de bioinformatique pour l’analyse des résultats dans la recherche sur le cancer du sein.
Les chercheurs algériens ont présenté un premier travail original sur l’épidémiologie du cancer du sein triple négatif chez les patientes algériennes. Le cancer du sein triple négatif est un cancer agressif, de mauvais pronostic et il n’existe pas de traitement ciblé contre ce cancer. Il faut souligner, aujourd’hui, avec force que les travaux de recherche sur le cancer menés dans notre pays auront un impact sur la prise en charge des malades que si les pouvoirs publics mettent en application, en urgence, un plan national de lutte contre le cancer, comme cela a été fait aux Etats-Unis par le président Richard Nixon en 1971 sous le nom du National Cancer Act. Ce plan national de lutte contre le cancer doit être doté de moyens humains, financiers et techniques conséquents. Il permettra ainsi la mise en place d’une politique médicale nationale de la prévention du cancer et une prise en charge efficace et rapide des patients cancéreux dans les services d’oncologie de notre pays.Dimanche 16 octobre, 9h du matin, je prends le Cable Car (tram à traction par câble) à Union Square. Je prends la ligne Powell-Hyde qui va jusqu’au célèbre quai des pêcheurs de San Francisco (Fisherman’s Wharf) sur le port de San Francisco. En montant dans le Cable Car, qui est l’icône de San Francisco (car il roule depuis 1873), on est submergé par toutes les images qui peuplent nos paysages intérieurs et liées à la ville de San Francisco. Du tram, on peut voir l’architecture éclectique de San Francisco, les pentes des collines et on comprend pourquoi la ville a servi et sert de décor à de nombreux films et séries télévisées. Sur les pentes des collines, on s’attend à voir débouler à toute vitesse la célèbre mustang Ford de l’inspecteur Franck Bullitt joué par Steve McQueen dans le film culte Bullitt tourné en 1968, ou la Ford bleue LTD de l’inspecteur «Dirty» Harry Callahan joué par l’enfant prodige  de San Francisco, l’acteur et réalisateur Clint Eastwood, dans une série de films policiers.
Des splendides maisons situées sur la collines Nob Hill et Russian Hill que traversent le Cable Car, on s’attend à voir sortir Catherine Tramell, la belle et riche tueuse psychopathe jouée par la magnifique Sharon Stone dans le film Basic Instinct sorti en 1992, ou les sœurs Halliwell de la série télévisée Charmed. Dans les rues avoisinantes, dans la Pizzeria «Uncle’s Vito» ou dans un restaurant dans le quartier Chinatwon, on s’attend à rencontrer le personnage de Sara Deever joué par la sublime Charlize Theron dans le film Sweet November sorti en 2001. Je descends du tram pour admirer la mythique rue Lombard (en anglais Lombard Street). On a le souffle coupé devant la beauté de cette rue, elle est constituée par 8 lacets sinueux et où pousse sur les côtés un magnifique jardin des fleurs de saison. Dans le film Vertigo d’Alfred Hitchcock (1958), le personnage de John «Scottie» Ferguson joué par James Stewart habite au numéro 900 de la rue Lombard. Ma visite au quartier Fisherman’s Wharf (quai des pêcheurs) sur le port de San Francisco fut une vraie découverte. Fisherman’s Wharf est un grand centre touristique avec ses musées et ses restaurants, et surtout c’est la réserve naturelle des lions de mer de Californie au niveau du Pier (jetée) 39. De là, on peut aussi admirer au loin l’île d’Alcatraz située à 2,4 km du port de San Francisco, où se trouve le fameux pénitencier fédéral Alcatraz appelé aussi en anglais The Rock et qui a été fermé en 1963. J’ai continué ma visite jusqu’au quartier historique de l’Embarcadero qui s’étend le long de la baie et qui abrite le Ferry Building, un ancien terminal de bateaux et qui a été reconverti en partie en un centre commercial. Du Pier 14 de l’Embarcadero, on peut admirer le pont Bay Bridge qui relie San Francisco à Oakland et le quartier des affaires (Financial District) où trône le majestueux Hôtel Hyatt Regency San Francisco construit par l’architecte John Portman.19 octobre, 12h45, je prends l’Airbus 320 de la compagnie United Airlines sur Los Angeles (LA). United Airlines a automatisé/numérisé son service de vente de billets depuis un certain temps. C’est un self-service. C’est sur un écran tactile que vous achetez votre ticket d’avion, choisissez votre siège et vous imprimez ensuite vous-même votre carte d’accès. 1h 23 min plus tard, j’atterris à l’aéroport international de Los Angeles (nom de code LAX). C’est ma deuxième visite à L.A. et je suis toujours impressionné par le gigantisme de cette ville qui s’étend sur plus de 100 km du nord au sud. C’est une ville caractérisée par l’étalement de l’espace urbain, par la route et la voiture. En raison de son histoire, elle est aussi caractérisée par l’absence d’un véritable centre-ville, même s’il existe un historique downtown L.A., les différentes administrations et organes de gestion de la ville sont répartis dans plusieurs quartiers de la ville. Plus de 140 nationalités différentes vivent à Los Angeles, et l’on parle au moins 224 langues. Elle est un des symboles de l’histoire de la nation américaine et de la puissance économique de la Californie. Il faut rappeler que la Californie représente à elle seule 14 % du produit national brut de l’Amérique, si elle était indépendante, elle serait la sixième puissance économique mondiale. L’agriculture intensive, les biotechnologies, la biomédecine, les énergies renouvelables, l’industrie électronique et informatique, l’industrie cinématographique et le secteur tertiaire (le tourisme et les banques) constituent le fer de lance de l’économie californienne. Cependant, il faut préciser que ce modèle de développement basé sur l’exploitation effrénée des ressources naturelles est remis en cause.
En effet, la protection de l’environnement et des ressources naturelles est devenue aujourd’hui une priorité en Californie. Il faut signaler aussi que la lutte antitabagique a commencé il y a 20 ans en Californie, ce qui fait que l’interdiction de fumer est de règle dans tous les lieux publics (hôtels, restaurants, aéroports, …) au grand bonheur des allergiques, dont je fais partie. Je m’installe dans le quartier de Hollywood, à l’hôtel Quality Inn situé à l’avenue de La Brea Nord, à quelques mètres d’Hollywood Boulevard et Sunset Boulevard. En discutant avec les gens à San Francisco et Los Angeles, en regardant les chaînes de télévision hertziennes (ABC, CBS, Fox et NBC) et la chaîne d’information CNN, en lisant les journaux comme USA Today Los Angeles Times et San Francisco Chronicle, j’ai constaté que la crise économique mondiale et ses retombées sur la société américaine, la crise de la représentation politique exprimée ouvertement par le mouvement social «Occupy Wall Street» et la situation en Tunisie, Egypte, Libye et la Syrie sont au centre de l’intérêt des Américains. L’acteur et réalisateur Sean Penn, de retour d’un voyage en Egypte et en Libye, exprimera sur la chaîne CNN une solidarité agissante avec la lutte des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour l’instauration de la démocratie dans leurs pays respectifs. Il fera un vibrant plaidoyer en faveur de l’urgence d’une politique de protection sociale et des services publics en Amérique et annoncera qu’il votera pour le Président Barack Obama en novembre 2012. Il fera aussi une critique féroce du mouvement conservateur populiste Tea Party.21 octobre, 9h, le ciel de L.A. est recouvert par le fameux smog, qui est un nuage de pollution provoqué par les gaz d’échappement et les rejets industriels. Je visite la région de Venice Beach et Malibu, dans un bus rempli de touristes italiens, anglais, australiens et américains. Nous traversons le quartier où les derricks de pétrole continuent encore à fonctionner, me rappelant la ville de L.A. des années 40 et le roman Le grand sommeil de Raymond Chandler. Le quartier de Venice respire la prospérité et la quiétude. Les plages de Venice et Malibu sont fidèles à leur réputation, remplies de touristes du monde entier, elles connaissent une grande animation durant une bonne partie de l’année.22 octobre, 11h du matin, je suis au 1416 Brea Avenue, devant les studios d’enregistrement Jim Henson, qui sont en fait les studios de cinéma construits dans un style anglais par Charlie Chaplin en 1916 et dans lesquels il a tourné une grande partie de ses films. Je demande aux deux femmes agents de sécurité si je peux rentrer pour prendre des photos et filmer.
Elles me répondent que j’ai juste le droit de prendre les photos à partir de la rue et qu’il n’y a pas de visite pour les studios. En effet, les studios Chaplin ont été rachetés en 1966 et sont devenus des studios d’enregistrement et c’est là que Quincy Jones, Lionel Ritchie et Michael Jackson et le super groupe USA for Africa ont enregistré en 1985 la chanson/clip We Are the World qui avait pour objectif de collecter des fonds pour lutter contre la famine en Éthiopie. L’événement, historique, réunit quelques-uns des artistes les plus célèbres de l’industrie musicale américaine de l’époque.23 octobre, 18h30, je suis à l’entrée nord de Hollywood Boulevard. J’ai passé la journée à Universal Studio Hollywood, qui abrite les studios d’Universal Pictures, qui appartient à la société NBC Universal. Il est localisé sur une colline de Los Angeles. C’est un lieu mythique du cinéma, le réalisateur Steven Spielberg a participé au design du parc d’attractions, et dont les thèmes principaux sont empruntés aux films de la compagnie Universal Pictures comme par exemple : Water World, Jurassic Park, Terminator et La Momie… On peut aussi visiter le musée des archives des films produits par Universal Pictures pour trouver des documents multimédias inédits sur des films comme Psychose et Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock ainsi que Les dents de la mer de Steven Spielberg… La nuit enveloppe la ville de Los Angeles dans son immense cape couleur sépia. Le temps, ce tueur à gages, qui assassine le rire des enfants, qui dévore la vie, l’écume des jours et le souvenir des êtres chers disparus, a été griffé par le cinéma de Hollywood. J’écoute le thème musical «Gabriel’s Oboe» dirigé par Ennio Morricone et extrait de la bande musicale du film The Mission. Je filme un long plan séquence en partant de l’étoile d’Elvis Presley et des Beatles sur Walk of Fame (promenade de la célébrité) jusqu’au Kodak Théâtre. Un léger vent s’est levé. Il fait un bel automne en Californie.
F. C. latribune-online